MAROC VOYAGES TOURISME

CHAPITRE IV Mokhtar soussi

CHAPITRE IV

      L'oeuvre d'Al-Mokhtâr Al-Soussi.

      1- Les Sources de ses écrits.

      - Les récits oraux.

      - L'exploit des manuscrits.

      - Le constat personnel direct.

      - Les sources arabes et étrangères.

      2- Les bibliothèques des sciences arabes au Souss.

      3- La production écrite d'Al-Mokhtâr Al-Soussi.

      Oeuvre à caractère sociologique et historique.

      3-2 Oeuvre à caractère littéraire, linguistique et religieux.

      A ) Domaine religieux.

      B ) Domaine de la littérature et de la langue.

      C ) Culture populaire.


Chapitre IV
L'oeuvre d'Al-Mokhtâr Al-Soussi.

      Au moment où Al-Mokhtâr écrivait ses ouvrages, le Maroc mettait en oeuvre tous les moyens possibles pour retrouver son indépendance et préserver son identité et sa culture menacées. L'écriture fut pour lui un moyen de lutte efficace contre les objectifs des autorités coloniales.

      Ses écrits ont rendu un service inestimable à la société marocaine, service non moins important que les efforts qu'il put déployer dans le domaine de l'enseignement et de l'éducation.

      Nous notons que, dans l'introduction de son Al-Ma'soul, il a exposé les raisons et les facteurs qui l'avaient poussé à écrire sur divers sujets. Il écrit « Aujourd'hui, la présence de l'occupant avec tout son arsenal, ses idées, sa politique, sa ruse, sa civilisation rayonnante, ses sciences profanes, son système merveilleux, ses usines à production rapide, et tout ce qui a trait à la vie réelle, nous a endormis. Mais nous, il nous arrive comme ce qui est arrivé aux gens de la caverne « Ahlou Al-kahf » lorsqu'ils sont revenus à la vie ».   

      « Le Maroc, en peu de temps, deviendra un autre Maroc, et notre patrimoine sera anéanti. Il nous incombe donc d'enregistrer tout ce qui touche à notre vie : les informations, les traditions, et même les superstitions, car demain, viendra celui qui s'intéressera au patrimoine commun pour telle ou telle raison, et c'est l'un des objectifs de cet ouvrage »  

      C'est ainsi qu'Al-Mokhtâr entreprit, avec tous les moyens disponibles, de mener à bien sa mission qui était de mettre de la matière première, provenant de différentes sources, à la disposition des futurs chercheurs.


1- Les Sources de ses écrits.

      Al-Mokhtâr s'est basé sur diverses sources pour la collecte des données dont il avait besoin pour ses ouvrages :


- Les récits oraux :

      Cette source fut très importante pour ses écrits. Son livre « Hawla mâidati al-ghathâ' » (autour de la table des repas), fut recueilli auprès d'Idrîs Mnnou, pacha de Marrakech.

      Un autre livre en dix volumes « Min afwâhi al-rrijâl » de la bouche des hommes, fut recueilli auprès des fouqarâ' de la zâouia Al-Darqâwiya.

      En somme, nous trouvons dans la plupart de ses autres ouvrages, des passages recueillis de la même manière.


- L'exploitation des manuscrits :

      Pendant ses tournées effectuées dans le Souss, Al-Mokhtâr visita presque toutes les bibliothèques des médersas et des particuliers. Il les exploita en résumant ou en copiant des manuscrits dont le contenu répondait à ses attentes.

      Nous soulignons qu'il a intégré certains manuscrits en totalité dans ses ouvrages. Nous citons à titre d'exemple :

      Un petit kounnach, cahier sous le titre de « Diwân Qabâil Souss » recueil sur les tribus du Souss, d'un faqih contemporain du sultan Ahmed Al-Mansour, et qu'Al-Mokhâr a intégré en totalité dans son ouvrage « Iligh qadiman wa hadîthan »

      Cahier sous le titre « Majmou'at Al-Smlâlî » qu'il a intégré totalement dans son ouvrage « Jawf Al-farâ »

      Quant aux livres résumés, nous citons par exemple « Akhbâr sidi Mohamed ben Wisâ'den » nouvelles de sidi Mohamed ben Wisâ'den » dont l'auteur est inconnu, et qu'Al-Mokhtâr résuma dans le troisième volume de son ouvrage « Khilâl Jazoula ».


- Le constat personnel direct :

      Ses ouvrages Khilâl Jazoula en quatre volumes et son voyage intitulé « De Marrakech à Ilgh », sont l'exemple le plus concret.


- Les sources arabes et étrangères :

      Al-Mokhtâr n'a pas manqué de se référer aux ouvrages des auteurs anciens, où il a puisé la documentation de ses oeuvres. Il s'est référé pour son ouvrage interrompu par l'exil,  « Marrakech à son âge d'or », à l'histoire d'Ibn khaldoun, Al-Mou'jab de Al-Mourrakouchî, et Al-Istiqsa' d'Al-Nnâsirî. Pour son Iligh Qadiman wa hadîthan, en plus des références arabes, il s'est basé sur des ouvrages portugais.

      Dans son ouvrage, Al-alfâz al-'arabya fi al-chalhya « Les termes arabes en berbère », il a exploré une série de dictionnaires de langue arabe, tel que : Lisân Al-'arab et Tâj Al-'arous à la recherche des origines des termes arabes introduits dans le berbère du Souss.

      Tout en se basant sur les sources susmentionnées, Al-Mokhtâr épluchait les informations, analysait relativement les faits, et comparait les données recueillies pour aboutir à celles dont il était convaincu qu'elles méritaient d'être enregistrées, pour servir en premier lieu les chercheurs et par la suite les lecteurs en général.

      A ce propos il rapporta « Intervenir et raisonner font partie des fonctions de l'historien. Celui qui n'est que compilateur ne vaut rien [...] Je ne prétends pas avoir atteint la perfection ou suivi la méthode scientifique la plus subtile, mais je prétends être plus fidèle en rapportant des sources qui étaient le plus souvent orales ».   

      Ainsi, nous pouvons avancer que les ouvrages d'Al-Mokhtâr Al-Soussi reflétaient les diverses facettes de sa personnalité en tant qu'éducateur, enseignant, historien et érudit en littérature arabe.


2- Les bibliothèques des sciences arabes au Souss.

      Les tournées effectuées dans le Souss, intitulées « khilâl Jazoula » ou à travers Jazoula, ont permis à Al-Mokhtâr de visiter le maximum de bibliothèques traditionnelles, et il en a cité plus d'une vingtaine, sans compter les bibliothèques individuelles dont aucune maison n'était dépourvue.

      Nous préférons en donner un aperçu, avant d'entamer la suite de ce chapitre.

      La bibliothèque d'Iligh.

      Elle se trouve à Iligh qui fut la capitale du Tazerwalt. Al-Mokhtâr a noté à son propos, qu'elle était au nombre des bibliothèques les plus renommées du Souss. Il avait décrit les ouvrages qu'elle contenait dans Khilâl Jazoula.

      La bibliothèque Al-Mas'oudya.

      Elle fut fondée par le cheikh sidi Mas'oud Al-Ma'drî mort en 1319 H / 1902. « Il emprunte des livres que ses étudiants lui copient en un jour. Avant elle (la bibliothèque) contenait des centaines de livres, mais aujourd'hui, ils sont dispersés chez ses petits-fils aux alentours de Tiznit ».   

      Les bibliothèques d'Adouz.

      Al-Mokhtâr en a cité trois qui contenaient des livres rares.

      La bibliothèque Al-Houssaïnya.

      Elle appartenait à une famille de la tribu Aglou près de Tiznit. Elle était riche de livres sur le droit musulman, l'exégèse, et la grammaire arabe.

      La bibliothèque Al-'amrya.

      Elle appartenait au grand savant Sidi 'amr enterré à Fès. A l'époque d'Al-Mokhtâr, elle était sous l'autorité de deux faqihs de la tribu d'Ib'aqîln non loin de Tiznit. Al-Mokhtâr signala ne pas l'avoir visité.

      La bibliothèque Al-Mahjoubya.

      Elle était la propriété d'une famille de savants. Elle fut l'une des les plus grandes bibliothèques du Souss.

      Les bibliothèques de Ijrrâren.

      Elles étaient sous l'autorité des fouqaha', à l'exception de l'une d'entre elles qui appartenait au caïd Abdellah ben 'yâd qui veillait si jalousement sur elle que sa clé ne quittait jamais sa ceinture. Selon Al-Mokhtâr, elle passait pour renfermer plus de mille ouvrages, qui ont été transférés à l'institut islamique de Taroudant.  

      La bibliothèque des Aït Rkhâ

      Elle appartenait à la tribu des Aït Rkhâ et elle était sous la direction du grand faqih sidi Ahmed ben M'bârk.

      La bibliothèque Al-Tâhirya.

      Ce fut celle du grand faqih sidi Al-Tâher Al-Ifrânî. On rapportait que ses fonds étaient d'une grande richesse..

      Les bibliothèques de Ilgh.

      D'après Al-Mokhtâr, elles étaient récentes et collectives. Leur création embryonnaire ne remonte qu'à 1295 H / 1878. Elles étaient au nombre de trois, l'une d'elle appartenait au cheikh sidi Al-Hâdj 'Ali ben Ahmed, père d'Al-Mokhtâr Al-Soussi. Leurs trois fonds assemblés totalisaient à peine mille ouvrages.  

      La bibliothèque de Timgguiljt.

      Elle se trouvait dans le cercle de Tafraout. Son fondateur fut le vénéré cheikh sidi Ahmed ben Mohamed, mort en 1274 H / 1857. Elle contenait plus de 2000 volumes de différentes sciences.  

      La bibliothèque de Ajichtîm.

      Fondée par sidi Abdellah ben Mohamed, mort en 1198 H / 1783.

      La bibliothèque de Azarîf.

      Elle se trouvait là où s'était élevée la médersa de Azarîf fondée au VIIIème siècle XIVème de l'ère chrétienne. « Je l'ai visitée et j'y suis resté pendant trois jours. On m'apporta de nombreux ouvrages manuscrits que je compulsais rapidement ».

      Nous signalons qu'à travers cet aperçu, nous n'avons fait que citer brièvement quelques bibliothèques traditionnelles dans le Souss à l'époque d'Al-Mokhtâr Al-Soussi, car de notre point de vue cela pourrait donner matière à une recherche spécifique.

      Mais nous notons tout de même que le problème majeur de ces bibliothèques traditionnelles rurales dans le Souss fut que des héritiers mal avertis les tenaient constamment fermées croyant ainsi préserver les ouvrages qu'elles contenaient. Mais quand ils se décidaient à les ouvrir, c'était pour découvrir que la plupart des livres étaient déjà rongés par les termites, ce qui anéantissait une partie du patrimoine de la région.


3- La production écrite d'Al-Mokhtâr Al-Soussi.

      Notre auteur était un polygraphe qui s'intéressait aux sciences religieuses, à l'éducation, à l'enseignement, à la littérature, et à l'histoire. Il nous informe qu'à l'âge de dix neuf ans, (1337 H / 1918) il commençait déjà à se plonger dans l'écriture. « Je m'intéressais à enregistrer tout ce que mon père avait vécu, dans un kounnâch que j'ai encore sous la main ».  

      Mais, une fois qu'Al-Mokhtâr eût quitté le Souss, son activité d'écriture cessa, et il ne la reprit que lorsqu'il se fut installé à Marrakech en tant qu'enseignant et éducateur.

      Cependant, à peine le premier pas franchi, l'exil l'empêcha de mener à bien son projet sur Marrakech. Arrivé dans son village natal, prisonnier au milieu des siens, il se sentait dépaysé et se mit à écrire en laissant libre cours à sa plume, dont voici le fruit :


3-1 Oeuvre à caractère sociologique et historique :

      Elle englobe un ensemble d'informations touchant à l'enseignement, l'éducation, le soufisme, les traditions, les biographies et l'histoire du Souss en général. Parmi cette oeuvre nous pouvons citer :

      3-1-1 Al-ma'soûl :

      (Le miel ou le propos délicieux).

      C'est un ouvrage encyclopédique de grande renommée dans les milieux cultivés et qui a permis à Al-Mokhtâr d'atteindre à la célébrité dans la région du Souss et dans tout le Maroc.

      Constitué de vingt volumes, il compte plus de sept mille cinq cent pages. Cette encyclopédie d'Al-Mokhtâr n'est plus en vente après épuisement.

      Comme nous l'avons vu, l'idée de l'écrire lui est venue lors de son séjour à la Zaouia Al-Dilâ'ya, située dans le Moyen Atlas au nord de Marrakech, à quelque distance de Khénifra. Mais la réalisation de ce grand ouvrage ne débuta qu'au moment de l'exil. Au début de la composition de Al-ma'soul, Al-Mokhtâr avait en vue d'écrire l'histoire de la zaouia de son vénéré père, mais à mesure qu'il progressait dans cette recherche, l'idée lui vint de l'étendre à l'histoire et aux coutumes de la région du Souss.

      Ceci étant, nous signalons que l'intérêt d'Al-Mokhtâr, s'est focalisé par excellence sur les biographies des oulémas du Souss, des marabouts, des soufis, et les hommes du Makhzen.

      Ces biographies étaient trop approfondies et regorgeaient des digressions. Al-ma'soul fut selon l'expression de l'auteur une sorte de souk « Que le lecteur de cet ouvrage de vingt volumes, sache qu'il va y trouver des informations concernant les fouqha, les soufis, les hommes du Makhzen, et tout ce qui touche à la vie rurale. C'est comme s'il entrait dans un souk qui englobe toutes sortes de marchandises. Qu'il prenne ce qui lui convient et laisse ce dont il n'a pas besoin ».  

      Nous pouvons déduire du témoignage d'Al-Mokhtâr qu'il fut un écrivain polyvalent, qui écrivait pour des lecteurs de différentes tendances.

      Cet ouvrage de grande importance, ne fut imprimé qu'entre 1960 et 1963 à Fdâla (Mohammadya) et Casablanca, trois ans avant la mort d'Al-Mokhtâr.

      3-1-2 Souss Al-'âlima :

      (Souss la savante)

      Comme son titre l'indique, il s'agit d'un ouvrage consacré aux savants soussis, ainsi qu'à l'évolution des sciences religieuses, littéraires et autres, enseignées dans le Souss, tant dans les écoles coraniques que dans les médersas. Cet ouvrage est considéré comme une introduction à l'encyclopédie Al-ma'soul et à d'autres ouvrages d'Al-Mokhtâr «Hier, j'ai écrit un ouvrage qui est comme une fenêtre pour celui-ci [Al-ma'soul] et les autres ».   L'ouvrage se termine par un récapitulatif des sources de l'histoire de la région du Souss.

      3-1-3 Khilâl Jazoula :

      (A travers la région : Jazoula).

      C'est un ouvrage en quatre volumes, dont la matière est l'enregistrement des observations et pensées d'Al-Mokhtâr, lors de ses quatre voyages à travers Jazoula, pendant son exil. Chaque volume représente un voyage. Le premier eut lieu en 1361 H / 1942 et le quatrième s'acheva en 1364 H / 1945.   

      3-1-4 Madâris Souss wa al'oulamâ' al-ladhîna drrasoû fîha :

      (Les médersas du Souss et les oulémas qui y ont enseigné)

      Ouvrage non achevé cité à la fin de Souss Al-'âlima. C'est une collection dans laquelle Al-Mokhtâr parle des médersas traditionnelles du Souss et des enseignants qui les ont fréquentées. Il aurait aimé l'achever, mais il manquait de temps, comme ce fut le cas d'un autre auteur précédent dans la même voie. « J'ai trouvé un ouvrage d'Al-Manouzi traitant du même sujet, mais lui aussi inachevé ».  

      3-1-5 Ilîgh qadiman wa hadîthan :

      (Ilîgh ancien et moderne)

      C'est un ouvrage constitué de deux parties. Il fut imprimé après la mort de l'auteur. Mohamed ben Abdellah Al-Roudânî a rédigé le commentaire de l'ouvrage et l'a publié. Son contenu, est l'histoire générale du Souss. « Je l'ai écrit à propos des quatre princes descendants du [wali] sidi Ahmed Ou-Moussa, dont le plus célèbre fut Boudmi'a Abou Hassoun, mort en 1070 H / 1660 ».  

      3-1-6 Mou'taqal Al-Sahrâ' :

      (Le pénitenier du Sahara)

      Ouvrage écrit durant l'exil au Sahara de Tafilalet, entre 1372 / 1373 H (décembre 1952 / juillet 1954). Il se compose de deux volumes. Dans le premier nous trouvons les mémoires de sa vie durant l'exil de même que que des poèmes touchant à divers sujets. Quant au second, nous remarquons qu'il est composé des biographies de plus d'une cinquantaine de compagnons d'exil   Cet ouvrage fut le deuxième à être publié après la mort de l'auteur.

      3-1-7 Hawla mâidat al-ghadhâ' :

      (Autour de la table du déjeuner)

      C'est une collecte d'informations historiques recueillies auprès du pacha Idrîs Mnnou, concernant le sultan Moulay Al-Hassan, Moulay Abdelhafiz, Bouhmâra, la défaite des troupes de Moulay Abdelazîz à Rhâmna, les événements de Fès, la capture des fils du pacha Hammou, des récits concernant Ahmed Al-Hiba, et une page historique très secrète concernant les liens de Moulay Abdel Hafiz. Avec les Allemands. Il s'agit aussi d'une oeuvre littéraire traitant des souvenirs. En 1983, il fut édité par les fils de Al-Mokhtâr en 108 pages.

      3-1-8 Min afwahi al-rrijâl:

      (Informations collectées des bouches des hommes )

      C'est l'ouvrage qui a donné naissance à Al-ma'soul. « J'y ai réuni toutes mes discussions avec ceux que je côtoyais à Ilgh pendant mon exil. On y trouve des informations concernant les fouqaha, les soufis, les hommes du Makhzen, les événements, et les coutumes. C'est l'esquisse de mes écrits durant l'exil et qui a donné naissance à Al-ma'soul ».  

      3-1-9 Al-tiryâq al-moudâwî fî akhbâr Al-cheikh sidi Ali Al-Hâj Al-Darqâwî :

      (La thériaque guérissant dans les nouvelles du cheikh sidi Ali Al- Hâj Al Darqâwî).

      Ouvrage consacré à la vie de son père en tant que chef de la zaouia, à son éducation et aux enseignements dispensés aux fouqara « J'y ai mentionné son intérêt pour l'éducation des musulmans et l'enseignement des préceptes de l'Islam. J'y ai aussi étanché ma soif ardente concernant ce sujet ».  

      3-1-10 Min târîkh Sijil Massa :

      (Partie d'histoire de Sijil Massa)

      Al-Mokhtâr a noté dans son ouvrage Mou'taqal Al-Sahrâ' qu'il s'agit d'un ensemble de six manuscrits écrits pour passer le temps et rompre la routine de l'isolement. Il nous informe qu'il a détruit une partie de l'ouvrage, et en a confié une autre à une personne qui ne la lui a pas remise après sa libération.  

      3-1-11 Assânîd wa ijâzâts Soussyas :

      (Certificats de transmission du 'ilm dans le Souss)

      C'est un ouvrage dans lequel l'auteur recueille les certificats de transmission du savoir décernés par les oulémas du Souss. «Je les ai compilés et je continue encore ».  

      3-1-12 Al-Rou'assâ' Al-Soussiyoune :

      (Les chefs soussis)

      Volume moyen reproduit du brouillon après la perte du premier ouvrage. Le contenu est consacré aux hommes qui représentaient l'autorité dans le Souss. « J'ai composé un ouvrage en un volume, mais, après sa perte à cause de la négligence de certaines personnes, j'ai pu en recomposer un autre, sans doute différent, à partir de mon brouillon. J'y ai cité tous ceux qui représentaient une autorité, de père en fils ».  

      3-1-13 Rijâlât Al-'ouloum Al-'arabya fi Souss :

      (Hommes des sciences arabes dans le Souss)

      Ouvrage considéré comme le complément de Souss Al-'âlima, mais inachevé. C'est un manuscrit possédé par la famille d'Al-Mokhtâr et qui contient les biographies des savants soussis, classés par catégories. 

      3-1-14 Adouâr Souss Al-târîkhya :

      (Rôles historiques du Souss)

      Manuscrit sur la famille soussie, traitant en particulier des dernières époques de l'histoire soussie, car d'après l'auteur, il n'a pu trouver d'informations que pour ces époques.

      3-1-15 Al-Sâlihoûn al-moutabarrakou bihim min Souss akhîran :

      (Les saints dont la baraka a été récemment sollicitée dans le Souss)

      Consacré aux saints du Souss.  « J'ai bien progressé dans la rédaction, mais je n'ai pas encore atteint mon objectif. A ce jour, j'en suis à soixante biographies, et j'espère que le temps me permettra de les finir ».   

      3-1-16 Mourrâkouch fi 'asriha Al-dhahbî :

      (Marrakech à son âge d'or)

      Al-Mokhtâr en a parlé dans son Ma'soul en signalant qu'il avait préparé une importante documentation, mais il fut exilé ce qui ne lui a pas laissé le temps de mener à bien son projet.  

      3-1-17 Mounyat Al-Moutatalli'îne Ilâ man fî al-zâouïa Al- Ilghya min al-fouqarâ' al-mounqati'îne :

      (Voeu des aspirants soufis retirés dans la zaouia Al-Ilghya)

      Ouvrage contenant 170 biographies des adeptes de la confrérie Al-Darqâwiya qui avaient consacré leur vie à la zaouia du père d'Al-Mokhtâr à Ilgh. Al-Mokhtâr l'a composé à leur mémoire et en signe de gratitude envers eux. « J'ai voulu m'acquitter d'une partie de ma dette et leur exprimer ma reconnaissance puisqu'ils nous ont éduqués quand nous étions jeunes ».  

      3-1-18 Rihlatâ Maoulânâ Al-Hassan ilâ Souss :

      (Les deux voyages du sultan Moulay Al-Hassan dans le Souss)

      Al-Mokhtâr nous informe qu'il avait entre les mains tous les détails des voyages du sultan Al-Hassan premier dans le Souss, y compris les lieux, les caïds désignés à la tête des tribus, les juges, les décrets donnant des prérogatives aux zaouias et les quantités du ravitaillement des militaires. Al-Mokhtâr avait l'intention d'ajouter à cet ouvrage le voyage d'une personnalité qui accompagnait le sultan - Ahmed ben Al-Mawâz Al-Fâssî - et le poème d'Ali ben Mohamed Al-Smlâlî Al-Soussi qui décrit les voyages du sultan et qui se trouve à la bibliothèque générale de Rabat.  

      3-1-19 Al-Houdaiguyoune li Abî Zaïd Al-Jichtimî.

      Ouvrage traitant de quelques aspects historiques du Souss et concernant la famille d'Al-Houdaiguî, Abî Zaïd Al-Jichtimî et ses disciples. L'auteur en possédait une copie prête à l'impression en plus d'un post-scriptum rare.  

      3-1-20 Moudoun Souss Al-mawjoûda wa Al-moundathira :

      (Villes du Souss existantes et celles qui ont disparues)

      Recueil sous forme manuscrite possédé par les héritiers.

      3-1-21 Machyakhat Al-ilghyine mina Al-hawâdir :

      (Biographies des oulémas citadins qui ont enseigné Al-Mokhtâr)

      Ouvrage destiné aux maîtres citadins de l'auteur au nombre de 26, quand il était à Marrakech, à Fès et à Rabat. Il contient aussi un nombre important de ses poèmes qu'il leur a dédiés. C'est un ouvrage manuscrit de 200 pages de 30 lignes chacune.   

      3-1-22 Min Mourrâkouch ilâ Ilgh :

      (De Marrakech à Ilgh)

      Ouvrage relatant la description d'un voyage de l'auteur partant de Marrakech jusqu'à son village natal, en passant par la tribu de Haha. Il a noté les biographies des hommes représentant l'autorité dans la tribu, de ses oulémas, et cité ses médersas. Arrivé à Agadir, l'auteur était beaucoup plus enthousiaste par rapport à Haha.   

      3-1-23 Tâqatou raihân min rawdat alafnân :

      (Bouquet de Biographies)

      A l'origine, ce fut un dictionnaire de biographie soussi, Rawdat Al-afnân fî tarâjim Al-'yân écrit par Mohamed ben Ahmed Al-Igrârî qu'Al-Mokhtâr résume sous le titre susmentionné en lui ajoutant une introduction.  

      3-1-24 Majmou'at min ansâb Al-Soussyine :

      (Un ensemble d'arbres généalogiques soussis)

      Ouvrage inachevé aux dires de l'auteur. « J'ai collecté un ensemble d'arbres généalogiques soussis dans un cahier. Chaque fois que j'en trouve d'autres, je les ajoute»  La copie du manuscrit est entre les mains de ses héritiers.

      3-1-25 Ithâf Al-nâbih fî Manâqib sidi Ahmed Al-faqîh

      (Les hauts faits de sidi Ahmed le faqih)

      Ouvrage consacré à sidi Ahmed, le grand ami du père de l'auteur, mort en 1346 H / 1928.  

      3-1-26 'Ouqoud Al-'iqyân fî ijâzat Al-ikhwân:

      (Sorte de certificats délivrés à ses étudiants)

      Ouvrage encore manuscrit possédé par sa famille. L'auteur y collecte les ijâzats 'ilmya écrites aux demandeurs parmi les oulémas, les cadis, et les tolba. Eickelman a abordé le sujet du genre de certificat délivré par Al-Mokhtâr à un cadi qui avait étudié chez lui à Marrakech.  

      3-1-27 Al-rradou 'alâ COULON:

      (Réplique à M.Coulon )

      Ouvrage manuscrit sous forme de conférence, où l'auteur défend la thèse de l'existence de l'université d'Al-Qarawyine antérieurement à l'époque des Mérinides, contrairement aux affirmations de l'orientaliste français Coulon  

      3-1-28 Asfâ Al-mawârid fî tahdhîb nzm Al-rihla Al-hijâzya li Al-cheikh Al-wâlid :

      (Description, sous forme d'un poème, du voyage de son père au pèlerinage)

      C'est un petit ouvrage de son père, écrit lors de son voyage à la Mecque en 1305 H / 1888 sous forme d'un poème, composé en deux mille vers, et que l'auteur a affiné. Il a été imprimé à Casablanca en 1963.

      3-1-29 Al-moua'llifoun Al-Soussiyoune :

      (Les écrivains soussis).

      Petit ouvrage où l'auteur a classé chronologiquement les écrivains soussis morts et vivants suivant les époques. L'auteur l'a résumé dans un chapitre de son ouvrage Souss Al-'âlima. A la fin de l'ouvrage, Al-Mokhtâr dit « C'est tout ce que j'ai pu collecter en ce qui concerne les écrivains soussis. Que les chercheurs fassent plus d'efforts, peut être qu'ils en trouveront d'autres, car les vérités n'apparaissent qu'après de longs travaux et nous remercions Dieu de nous avoir élus pour nous acquitter d'une partie de notre devoir ».   

      3-1-30 Al-ajwiba Al-hâdira Al-bâdya, fî tafdîl Al-hâdira li mithli Al-yaoum 'alâ Al-bâdya :

      (Réponses se rapportant à la préférence de la ville à la compagne)

      Longue lettre dans laquelle Al-Mokhtâr indique sa préférence pour la ville contrairement à Al-Youssî qui préférait la campagne dans une lettre envoyée au sultan Moulay Ismâ'il (1672 - 1727).  

      3-1-31 Al-thouwâr Al-Soussiyoune :

      (Les révolutionnaires soussis)

      Une sorte de cahier manuscrit parlant d'une vingtaine de révolutionnaires soussis.  

      3-1-32 Al-rihla Al-hijâzya li akhawaïhi: Mohamed Al-Kalîfa wa Abdellah :

      (Récit de voyage de ses deux frères pour le pèlerinage).

      Les deux frères d'Al-Mokhtâr ont décrit leur voyage en Orient lors de leur pèlerinage. Al-Mokhtâr a préparé leurs récits pour l'impression en y ajoutant ses poèmes et le récit de son voyage en Tunisie en 1948, en tant que membre de la délégation marocaine à la conférence des Lieux Saints. 


3-2 Oeuvre à caractère littéraire, linguistique et religieux.


A ) Domaine religieux :

      3-2-33 Hâchyat 'alâ tafsîr Al-kachâf lî Al-Zamakhcharî :

      (Annotation marginale de l'exégèse Al-Kachâf)

      Commentaire écrit par Al-Mokhtâr lors de son exil à Tinjdad dans le Tafilalet. Travail qui démontre la grande maîtrise par l'auteur des sciences arabes, outil fondamental pour la compréhension du texte sacré, son explication et son interprétation. La copie unique sur laquelle est portée cette annotation, se trouve dans la bibliothèque de l'association des oulémas du Souss à Taroudant, sous le n° 98  

      

      3-2-34 Al-majmou'a Al-fiqhya :

      (Ensemble portant sur le droit islamique)

      C'est un ensemble de réponses aux questions religieuses que l'auteur a recueillies des fouqaha, composé dans le style de l'époque, à l'instar du Mi'yâr 

      3-2-35 Tawfîq Al-Rahmân ilâ mourâja'at Al-Qourân :

      (Succès de la mémorisation du saint Coran)

      Ecrit durant l'exil au Tafilalet. «Dieu m'a guidé pour réapprendre le Saint Coran que j'avais oublié. L'ouvrage traite de la pédagogie de l'apprentissage du Coran dans le Souss. Il est entre les mains de quelqu'un là-bas, et j'ai bien peur qu'il soit perdu».  

      3-2-36 : Moulakhas fî Al-oussoul :

      (Résumé de fondements juridiques)

      Ouvrage rédigé en exil pour ses compagnons sous forme de leçons. « Nous avons étudié un résumé de fondements juridiques du livre Irchâd Al-Fouhoul ».  

      3-2-37: Linakouna mouslimina awwalane :

      (Soyons d'abord musulmans)

      Recherche selon laquelle Al-Mokhtâr pense que l'indépendance des pays musulmans en général, et du Maroc en particulier, ne peut aboutir à la concrétisation des aspirations musulmanes, pour l'unification et le développement économique, social et militaire, si les musulmans ne s'attachent pas en premier lieu à l'islam qui sous-tendait leur énergie dans leurs époques de prospérité.   

      3-2-38 Ahâdîth idâ'iya :

      (Des propos diffusés à la radio)

      Propos religieux en quatre vingt dix émissions concernant les préceptes de l'islam diffusés en berbère au début des années soixante. Il y a quelques années, Ils étaient encore rediffusés à certaines occasions notamment pendant le mois du ramadan.   

      3-2-39 Motarjam Al anouar Al-sanya ila Al-chalha :

      (Traduction d'un ouvrage en berbère Soussi).

      C'est un livre traitant du fiqh malékite d'Ibn Jouzay.   Al-Mokhtâr a traduit cet ouvrage pour l'une de ses soeurs. Le livre reste introuvable à ce jour.

      3-2-40 Wachiou Al-matarif fî thoubout Al-hilal bi Al-khbar Al-rasmi mina Al-hâtif :

      (Usage du téléphone pour l'annonce de l'apparition du croissant de lune. [Du mois sacré])

      Il s'agit d'une sorte de fatwa très longue, formant un petit livre, dans lequel Al-Mokhtâr répondait, durant son exil, à une question d'ordre religieux   que les oulémas du Souss discutaient. Nous remarquons que la technologie, introduite dans le pays, obligeait les oulémas à émettre des fatwas pour savoir si son utilisation était licite ou illicite.

      3-2-41 Moutarjam Al-arba'ine Al-nawawya ila Al-chalha :

      (Traduction des quarante hadiths d'Al-Nawawi en berbère Soussi).

      Il s'agit d'une traduction en berbère du Souss du recueil des 40 hadith, ouvrage très connu du traditionaliste chaféite de Damas, Al-Nawawi. Mokhtar l'a transcrite dans de petits cahiers, pour l'une de ses soeurs, ardemment désireuse connaître le 'ilm.

      Il est à noter que la traduction en langue berbère de livres à caractère religieux, était fréquente dans la région du Souss. Les membres de la famille sont toujours en possession de cette traduction manuscrite.  


B ) Domaine de la littérature et de la langue.

      3-2-42 Jawf Alfara :

      (Ventre de l'onagre. « Sorte de panier pour l'auteur»)

      Ouvrage littéraire traitant de divers sujets allant des plus importants aux plus insignifiants. L'auteur en a parlé dans Al-ilghyât et dans Sous Al-'alima. « C'est comme une sorte de panier où je mettais les poèmes et les lettres que seuls les historiens qui ont un estomac d'autruche, peuvent digérer. J'en ai déjà deux volumes tous deux encore manuscrits ».  

      3-2-43 kaifa 'araftou Al-adab :

      (Comment j'ai connu la littérature)

      C'est un exposé dédié aux hommes de lettres à Marrakech lors d'une rencontre en 1936. Al-Mokhtâr y exposa sa relation avec la littérature et la méthode pour devenir un homme éminent en la matière.  

      3-2-44 Rissâlat Al-chabâb :

      (Mission de la jeunesse).

      Récit cité dans al-Ilghyât et qui fut écrit pendant son exil dans son village natal. Al-Mokhtâr y nota des propos se rapportant à la mission des jeunes envers la patrie,    mais ce récit est au nombre des ouvrages perdus de l'auteur.

      3-2-45 Al-Ilghyât:

      (Ecrits lors de l'exil à Ilgh).

      Ouvrage en trois volumes comportant les états d'âme d' Al-Mokhtâr, ses rencontres, ses visites, ses discussions, en somme un recueil littéraire sur l'auteur lui-même. « C'est un livre qui reflète les aspects littéraires et les pensées des gens de Ilgh. Le lecteur doit savoir que Ilgh est loin des courants de pensées de l'époque et qu'il n'a subi de changements que dans ces dernières années».  

      3-2-46 Mawâqif Moukhjila :

      (Attitudes infâmes).

      Ouvrage cité dans Al-ma'soul. « Je l'ai composé quand j'étais détenu dans le Tafilalet et je l'ai intitulé : Mawâqif Mokhjila, attitudes infâmes »    C'est une sorte de critique des méthodes d'enseignement et de comportement au sein des médersas du Souss.

      En dépit de tous nos efforts, il nous a été impossible de retrouver ce document afin de l'exploiter.

      3-2-47 Moutr'ât Al- kou'ous fî ba'di âthâr li oudabâ' Souss :

      (Recueil littéraire des soussis).

      Manuscrit en deux volumes rassemblant des proses et des poèmes concernant des hommes de lettres soussis, et des biographies non détaillées qui ne figurent pas dans Al-ma'soul 

      3-2-48 Fî Al-nqdi wa Al-adab :

      (Critique et littérature).

      C'est un ensemble d'articles longs concernant la critique que l'auteur publia dans Rissalat Al-maghrib  et qui présentaient le point de vue de l'auteur sur les critères de la critique, ainsi que l'analyse que devrait posséder ceux qui s'intéressent au domaine littéraire.

      3-2-49 Dîwân Al-tilmîdhyât :

      (Poèmes échangés avec ses étudiants).

      Une collection de poèmes composés par l'auteur lui-même ou par ses étudiants à Rmila pour les inciter à la persévérance dans leurs études. Cette collection est publiée dans l'ouvrage Al-Ilghyât  

      3-2-50 Majmou'at dorouss Aghbalou N-kerdouss :

      (Ensemble de cours donnés au pénitencier d'Aghbalou N-kerdouss).

      Ouvrage manuscrit constitué de cours de langue, de littérature, de rhétorique, de grammaire et de conjugaison, qu' Al-Mokhtâr donnait à ses compagnons exilés au pénitencier.   

      3-2-51 Alâ qimmat Al-arba'ine :

      (A l'âge de quarante ans).

      C'est une sorte de mémoires de la vie de l'auteur rédigés en 1358 H / 1939 dans son village natal durant son exil. L'original est perdu, mais son résumé figure dans l'ouvrage Al-Ilghyât dans le deuxième volume de la page 207 à 232.

      3-2-52 Al-rissâlatâni, Al-boun'mânya wa Al-chawqya :

      (Les deux lettres Al-boun'mânya et Al-chawqya).

      Volume moyen relatant les pensées d'Al-Mokhtâr pendant sa première tournée à travers Jazoula. Les deux lettres furent envoyées à deux grands hommes de lettres auxquels le titre fait allusion.

      3-2-53 Baïna Al-joumoud wa Al-maï' :

      (Entre l'inertie et la mobilité [de la pensée]).

      Manuscrit en quatre petits volumes relatant des pensées islamiques. Il est conservé par la famille de l'auteur. seule certaines parties ont été publiées dans la revue Da'wat Al-haq    sous le titre de : baïna al-joumoud wa al-jouhoud ( entre l'inertie  et l'apostasie).

      3-2-54 Dîwân Al-zahr al-balîl fîma nafatha fihî al- fikr al-kalîl :

      (Recueil sur les fleurs fraîches, relatant les sentiments de jeunesse).

      «Je l'ai compilé en 1341 H / 1923 après autorisation du cheikh sidi S'id Al-Tanânî qui m'a recommandé d'en prendre soin».    C'est un recueil de poèmes de l'auteur au début de son contact avec la poésie.

      3-2-55 Dhikrayat Al-Ikhwân :

      (Des souvenirs d'amis).

      Manuscrit se trouvant chez la famille de l'auteur dans lequel il a parlé de ses amis intimes et reproduit le contenu leurs lettres.   

      3-2-56 Nadâ'id Al-Dîbâj fî Al-mourâssalât baïna Al-Mokhtâr wa Al-Qabbâj :

      (Lettres de correspondance littéraire entre les deux hommes)

      Recueil de la correspondance littéraire de haut niveau entre Al-Mokhtâr et son ami Al-Qabbâj, auteur d'un ouvrage littéraire : Al-adab Al-'arabi fî Al-Amghrib Al-Aqsâ (La littérature arabe dans le Maghreb extrême)

      C'est un volume moyen manuscrit.  

      3-2-57 Al-tharîda fî charh qasîdat al 'asîda :

      (Commentaire du poème de la bouillie)

      C'est un long poème commenté dans le premier volume d'Al-ma'soul et concernant la bouillie ou tagoulla consommée dans le Souss. La famille de l'auteur en possède toujours le manuscrit.  


C ) Culture populaire.

      3-2-58 Majmou'at fî Al-'âdât Al-Ilghya :

      (Ensemble de coutumes de Ilgh).

      Sous le titre hadith sidi Hammou, Al-Mokhtâr a recueilli tout ce qu'il constatait sous forme de récits. L'ouvrage est mentionné dans Souss Al-'Âlima sous le titre: Coutumes et comportements soussis  

      3-2-59 Amthâl Al-chalhiyine wa hikamouhoum nadhman wa nathran :

      (Proverbes et maximes berbères en poésie et en prose).

      Al-Mokhtâr a pu recueillir environs 1050 proverbes véhiculés par la culture berbère soussie.

      Il dit à propos de ce sujet « J'ai tenu à recueillir les proverbes de Ilgh depuis longtemps dans un carnet. Le colonel français Justinard les a traduits, et publiés dans des revues françaises. Durant l'exil, je les ai dictés à mon compagnon Mohamed Al-Fâssî

      3-2-60 Al-alfâz Al-'arabya fî Al-chalhya :

      (Les termes arabes dans le berbère Soussi)

      Recherche concernant les termes arabes dans le berbère Soussi. L'auteur les a classés par ordre alphabétique.   

      3-2-61 Qatâ'if Al-latâ'if :

      (Contes et anecdotes)

      C'est un ensemble de contes et d'anecdotes soussis, en un seul volume qui, selon l'auteur, peut servir à tout chercheur s'intéressant à la vie sociale dans la région.    Il est conservé sous sa forme initiale.

      Nous signalons que, malgré les efforts déployés pour étudier exhaustivement la production d'Al-Mokhtâr Al-Soussi, notre travail reste relatif, il se peut que d'autres écrits de l'auteur restent encore dans l'ombre ou totalement inconnus.

      Quant à la classification adoptée pour son oeuvre, nous pouvons constater qu'elle est très relative elle aussi, car l'auteur ne traitait pas dans ses écrits de sujets spécifiques. Sous un même titre, nous pouvons trouver des sujets qui touchent plus ou moins aux différents domaines du savoir, ce qui a poussé l'auteur à inviter son lecteur à choisir ce qui l'intéresse et à laisser ce qui ne lui convient pas.

      Notre personnage a exploité son temps en tant que ministre et cadi légal des palais royaux à imprimer ses ouvrages, et à enrichi la bibliothèque générale par des manuscrits rares. Sans aucun doute, après tant d'efforts dans le domaine de l'enseignement et dans celui de l'écriture, Al-Moktâr a voulu démontrer aux regards du monde que le Maroc avec ses richesses et ses spécificités culturelles, a une entité basée sur l'islam et la langue arabe qui constituent en fin de compte son moyen de lutte contre toute concupiscence étrangère.

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16/10/2007
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