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Sidi Ali du Tazeroualt

Sidi Ali du Tazeroualt



Ali-Ou-Mohammed-Ou-Mohammed-Ou-Ahmed ( 1613-1631 ) est l’arrière-petit-fils de Sidi Ahmed-Ou-Moussa.

Il vécut pendant les guerres de succession du Saâdien Ahmed El-Mansour et jouit d’une grande notoriété tant chez les Marocains qu’auprès des marchands européens.

C’était un homme qui, dans sa jeunesse, était dépeint comme « un homme d’un abord facile, d’une conduite exemplaire, chaste et peu enclin à répandre le sang » (El-Oufrani). Par contre, plus tard, le célèbre maître de vaisseaux hollandais Michel de Ruyter le désignera comme un homme despotique, violent, emporté et ne supportant nulle contradiction.

Sidi Ali, n’avait pas succédé directement à son père à la tête de la maison de Tazeroualt ; c’est un de ses frères, Sidi Brahim, qui fut choisi. Dès 1609, celui-ci était en révolte contre le Sultan, au point que Moulay Zidane dû envoyer plusieurs milliers d’hommes à Taroudant pour cherhcer ses femmes et son trésor et les ramener à Marrakech. Cependant, la tentative de Sidi Brahim échoua et il trouva la mort quatre ans plus tard dans un combat contre Sidi Yahya de Zouddagha (Haut-Atlas).

Ce fut à cette occasion que Sidi Ali devint le chef du Tazeroualt grâce à l’appui de deux marabouts des Ida Oultit ( Sidi Abdallah-Ou-Yâqoub et Sidi Ahmed er-Rezmouki ). Cet épisode montre combien il était important d’être originaire d’une grande famille religieuse et d’être soutenu par des personnes influentes sur le plan spirituel pour pouvoir accéder au pouvoir.

Sidi Ali restera dans l’ombre jusqu’en 1626, année de la mort de Sidi Yahya de Zouddagha qui était le maître de la plaine du Souss. Celui-ci ayant été assassiné par le Sultan.

Sidi Ali s’installa alors à Taroudant, prit Agadir et se fit proclamer au Tazeroualt grâce aussi à des achats d’armes de contrebande aux Hollandais via le port de Massa. Ensuite, il rendit Agadir au Sultan contre une somme d’argent que celui-ci ne paya qu’en partie. Là-dessus, ils devinrent ennemis mais Sidi Ali était le maître du Souss. Ses premières conquêtes se firent vers le Dra et le Tafilalt pour obtenir le contrôle du commerce vers le Soudan ( appellation des pays subsahariens ). En 1626, il s’établit à Sijilmassa, son pouvoir se serait étendu jusqu’à Figuig.

En 1629, le siège de Taroudant par des rebelles l’obligea à revenir avec une grande armée d’Igzzoulen. Il ne revint pas à Sijilmassa où il laissa un lieutenant et une garnison.

Maintenant qu’il contrôlait l’Est, il lui fallait assurer son pouvoir sur la côte pour contrôler le commerce maritime. Agadir étant toujours aux mains du Sultan, c’était Massa qui lui servait de port. Son autorité s’exerçait alors au-delà de l’Atlas jusqu’à l’Assif Tensift.

Un exemple de l’importance qu’avait acquis Sidi Ali est sa correspondance avec le Roi d’Angleterre Charles Ier. Celui-ci lui écrit pour le remercier d’avoir racheté et libéré des naufragés anglais. Sidi Ali lui répondit qu’il s’engageait à assurer la sécurité des biens et de la vie des Anglais en accord avec le traité signé autrefois entre la Reine Elisabeth et Ahmed El-Mansour. On voit donc clairement que le seul, même aux yeux d’étrangers, qui était capable de maintenir de l’autorité dans le Sud était Sidi Ali !

En 1627, Moulay Zidane meurt et son fils Abdelmalek lui succède.

Nous sommes en 1631, Sidi Ali est maître de tout le royaume du Souss et réside dans sa capitale Iligh (près de l’Assif Tarmest ). Seules lui échappent Mogador, Safi et Agadir. Le Sultan est obligé de ravitailler cette dernière par la mer en raison du blocus terrestre imposé par le chef du Tazeroualt.

Les échanges maritimes avec les Européens et le commerce de l’or avec le Soudan se développent de plus en plus, confortant la puissance de Sidi Ali ; surtout que lors d’une expédition militaire, il a empêché définitivement le Sultan d’y envoyer des caravanes.

Sidi Ali possède sa garde personnelle formée d’Ida Oulougane ( fraction des Id Brahim au Sud d’Ifrane de l’Anti-Atlas ) et dispose d’une armée de fantassins et de 45000 cavaliers formée par les tribus Igzzoulen soumises par la force.

La question que l’on se pose est « Pourquoi n’a-t-il pas pris Marrakech et renverser le Sultan, avec la force dont il disposait au lieu de fonder sa capitale Iligh dans le Souss ? ». On peut penser qu’à l’époque, vu les moyens de communication, il était impossible d’exercer simultanément un pouvoir au Nord du Haut-Atlas et au Sud jusqu’aux oasis. Ces derniers étant d’une importance capitale pour le commerce, Sidi Ali préféra peut-être ne pas courir de risque. Surtout qu’il était en conflit dans le Tafilalt avec la zaouïa de Dila ( Moyen-Atlas ), l’autre grande force de l’époque.

Alors que Sidi Ali du Tazeroualt et Sidi Mohammed de Dila s’opposent dans le Tafilalt, un troisième homme attend son heure, Moulay Ali Cherif l’Alaouite !

Vers 1640, Sidi Ali doit abandonner Sijilmassa et le Dra, Sidi Mohammed de Dila étant trop occupé à la conquête de Fes et de Salé, Moulay Ali Cherif en profitera pour lever des bandes armées et conduire des razzias jusqu’au Maroc oriental et en Algérie.

Mais vers 1646, il aura à chaque fois le dessous lors d’affrontements avec le puissant chef de Dila. Il ne bougera d’ailleurs plus de Sijilmassa jusqu ‘en 1664 où il reviendra sur la scène.



12/10/2007
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