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Bassins Côtiers Méditerranéens

PRESENTATION

 

Les bassins côtiers méditerranéens s'étendent du bassin de l'oued Rhiss-Nekor au bassin de l'oued Fnidek et occupent une superficie de près 7.775 Km2, leur altitude moyenne est de 550m .

 

La population globale dans ces bassins est de l'ordre de 1,25 Millions  d'habitants (recensement 1998), les ruraux représentant environ 54 % sont concentrés surtout en zone de montagne.

 

La région a un relief très accidenté constitué, d'Ouest en Est, d'une  succession de vallées et de montagnes. Les plaines sont généralement  côtières dont les plus importantes sont celles de l'oued  Rhiss-Nekor, de Martil-Allila et de l'oued Laou.

La région est drainée par de nombreux cours d'eau qui, à leurs  embouchures, forment des vallées très étroites à l'exception de celles de  Martil, de Rhiss-Nekor et de l'oued Laou.

 

De part leur situation à l'extrême Nord du Royaume et la variabilité de leur relief, surtout au niveau des nombreux massifs de la chaîne du Rif et des plaines côtières, les bassins côtiers méditerranéennes sont soumis à un climat de type Méditerranéen.

 

La pluviométrie moyenne interannuelle est de 775 mm variant entre 600 mm le long des bordures côtières et plus de 1800 mm sur les hauts reliefs. La neige intéresse les hauteurs au dessus de 1000 m d'altitude et peut demeurer tout l'hiver sur les hauts reliefs.

 

L'évaporation varie entre 1200 mm et 1900 mm. L'évaporation du mois de Janvier est la plus faible alors que le maximum est atteint en Juillet et Août. Ces deux mois totalisent près de 30 % de l'évaporation totale annuelle. La température moyenne varie entre 16 et 18 °C avec un minimum en Janvier et un maximum en Août. La température minimum  varie entre 1°C et 3°C.

 

Les bassins versants méditerranéens connaissent une importante érosion des sols en raison de facteurs naturels (Relief, climat, géomorphologie, couvert végétal, …etc.) et de facteurs liés à l'activité  humaine  (défrichement des forêts, surpâturage, inadéquation des pratiques culturales …).

 

Les mesures de l'envasement et du  transport solide permettent d'évaluer la dégradation spécifique à des valeurs variant de 900  à  3360 T/km²/an dans la région de Tétouan et de 2000 à 2400 T/km²/an dans la zone d'Al Hoceima.

 

La forte irrégularité des régimes hydrologiques, la prédominance du relief montagneux et la nature des terrains de couverture souvent imperméables font que le ruissellement est important et que les cours d'eau de la zone génèrent des crues importantes et violentes.

 

Les inondations durent généralement de quelques minutes à quelques heures et provoquent d'importants dégâts notamment dans les zones urbanisées (insuffisance des  systèmes d'évacuation et obturation des  chenaux naturels).

RESSOURCES EN EAU

 

La région est caractérisée par d'importantes variabilités topographiques (Altitudes élevées pour les montagnes du Rif et basses au niveau des plaines côtières..), climatiques (Montagnes très arrosés et plaines orientales semi-arides) et géologiques (Nappes karstiques très importantes, zones étendues sans aquifères, plaines et vallées réduites), ce qui induit une disparité quant à la disponibilité et à l'abondance des ressources en eau particulièrement en ce qui concerne les ressources en eau souterraines.

 

Les eaux de surface

 

L'importance des précipitations, l'imperméabilité des terrains de couverture et le caractère montagneux fait que le ruissellement est relativement important dans les bassins versants de la région et que les cours d'eau ont des régimes irréguliers  caractérisés par un écoulement torrentiel en périodes de crues.

Les apports mensuels maximums sont enregistrés sous forme de crues souvent  violentes entre les mois de Décembre et Février. Les débits de crues peuvent atteindre des valeurs élevées et les étiages sont souvent nuls à l'exception des oueds drainant la dorsale calcaire qui continuent à s'alimenter en période estivale par les eaux de résurgence des sources.

 

 

Oued

Bassin km 2

Débits ( m3/s )

Module

Max

Min

Martil

1.525

13

3350

0.23

Laou

915

11

2150

2.30

Amsa

120

1

Smir

0.7

Rhiss

805

7.7

1530

0.01

Nekkor

960

9,1

 

Les apports en eau annuels de la région connaîssent de fortes variations selon les différentes zones du bassin. Évalué à 605 Mm3 en moyenne, le volume total des apports varie de 285 à 1061 Mm3.

 

Zone
Superficie km 2
Pluie mm
Apport ( Mm 3 /an)
Moyen
Max
Min
Tétouan
Chefchaouen
Al Hoceima/ Cotiers Méd
1840 2779 3156
980
890
395
644
823
350
1183
1425
575
294
398
164
Total
7775
775
605
1061
285

 

 

 Les eaux souterraines

 

Sur la plus grande partie de la région, règnent des faciès imperméables ou peu perméables qui ne permettent pas  l'existence de formations aquifères importantes.

 

Les eaux souterraines sont emmagasinées dans un ensemble de nappes libres situées dans les plaines alluvionnaires à dépôts plio-quaternaires et dans les massifs carbonatés du Trias et du Lias. On distingue :

 

Aquifères de la chaîne calcaire du Rif : Leurs étendues relativement importantes, leur enchâssement entre des séries peu perméables, les précipitations importantes qu'ils subissent et leurs degrés de karstification sont autant d'éléments favorables à l'emmagasinement d'importantes réserves mais sont difficilement exploitables.

 

Aquifères à nappes libres  des plaines alluviales : sont en général étroitement liés aux cours d'eau qui les traversent.  Certaines sont  importantes  et facilement exploitables ( Martil-Allila, Oued Laou et du Rhiss-Nekor) et d'autres sont d'un intérêt limité ( Negro, Smir, Emsa, Targha, Bouahmed,  Amtir et Jabha.)

QUALITE DES RESSOURCES EN EAU 

 

Les eaux superficielles

 

Le diagnostic de l'état de la qualité des ressources en eau,  permet de distinguer quatre zones différentes:

  • Les oueds des bassins versants situés entre la ville de l'oued Laou et la ville    d'Al Hoceima avec des eaux de bonne qualité. 
  • Les oueds avec des eaux de bonne qualité, situés en général en amont des bassins versants et comprenant notamment, le cours d'eaux des oueds   Martil, Fnidek et Bailème avant leur entrée en zone urbaine en amont des rejets respectivement des villes de Tétouan, de fnidek et du centre d'Azla.
  • Les zones où les eaux sont très polluées, situées en aval des rejets urbains et   industriels. Il s'agit notamment de :
    • l'oued Martil à l'aval des rejets de la ville de Tétouan,
    •   l'oued Fnidek à l'aval des rejets de la ville de Fnidek,
    •   l'oued Bailème à l'aval des rejets du centre d'estivage d'Azla.
  • Les zones proches des estuaires à salinité élevée (Oued Laou, Targha, Rhis, oued Martil, et oued Smir).  

  Les eaux souterraines

 

Les nappes de la région peuvent être subdivisées en deux catégories:

 

  • Les nappes où les eaux sont généralement de bonne qualité et aptes à tous les usages: Negro, Emsa, Laou et Martil à l'amont des rejets des eaux usées de la ville de Tétouan.
  • Les nappes où les eaux sont de qualité moyenne à mauvaise : Nappe de Martil dans sa frange côtière ayant une salinité élevée en raison de l'intrusion marine (10 g/l) ou à proximité de l'oued Martil du fait de la contamination par l'infiltration des eaux polluées de l'oued et la nappe de Neckor-Rhiss qui présente très à l'aval un taux salinité relativement élevé.

   

MOBILISATION ET UTILISATION DES RESSOURCES EN EAU

 

     L'effort de mobilisation

 

 

v                     Les barrages

 

L'effort de mobilisation des eaux de surface au niveau de cette zone est resté très modeste eu égard à ce qui a été fait pour d'autres régions. En effet, les performances hydrauliques des sites, la forte dégradation des sols qui engendre l'envasement précoce des barrages et les glissements de terrains sont autant de facteurs qui n'ont pas encouragé le développement de la mobilisation des eaux de surfaces à des coûts acceptables.

        

Les principaux grands barrages qui régularisent les cours d'eau des bassins côtiers méditerranéens permettent de mobiliser actuellement près de 190 Mm3.

 

Barrages
Mise en service
Retenue
Volume régularisé Mm 3 )
But
Ali Thelat
1935
81,6
140,0
E
Nakhla
1961
5,0
11,0
AEPI
Smir
1991
43 ,0
17,0
AEPI
M.B.A. El Khattabi
1981
24 , 1
19 ,0
AEPI, I
Joumouâa
1992
6 , 5
2,5
AEPI
Ajras
1969
3, 0
-
I
TOTAL
189,5

 

 

     Les eaux souterraines

 

Les prélèvements dans les nappes s'élèvent à plus de 70 Mm 3 /an et sont destinés principalement à l'AEPI des villes et centres urbains et à l'irrigation des PMH. Ces ressources, qui sont exploitées soit à partir des nappes alluviales soit à partir des résurgences des sources au pied de la dorsale calcaire, constituent aussi une ressource stratégique pour l'alimentation en eau potable des populations rurales.

 

La pression sur les nappes de la région est encore supportable mais risque de connaître une surexploitation si des mesures de bonne gestion et de protection ne sont pas mises en place.

 

Aménagements hydrauliques existants

Nappe

Recharge (Mm 3 /an)

Prélevement (Mm 3 /an)

Martil

29,5

7,9

Smir

2,3

1,8

Laou

16,8

0,6

Cha î ne calcaire

460,0

59,0

Rhiss- Neckor

17,0

4,5

 

 

 

     L'utilisation de l'eau

 

v                   L'eau potable

 

L'alimentation en eau potable et industrielle des centres urbains  totalise près de 45Mm3. les villes de Chefchaouen et Oued Laou sont exclusivement alimentées à partir des eaux souterraines tandis que d'autres (Tétouan,    Martil, Mdi'q, Fnidek, Al Hoceima et Targuist )  sont principalement approvisionnées  à partir des eaux de surface.

 

En milieu rural,  Le taux  global  d'accès  à  l'eau  potable était de 11% en  1990 et a été porté à plus de 45% en 2002.

 

v                     L'irrigation

 

L'irrigation bénéficie de près de 68Mm3. La superficie  des différents périmètres de la Petite et Moyenne Hydraulique (PMH)  équipée ou en cours d'équipement s'élève à  prés de 8847 ha (Ajras, Laou, Nekor-Rhis et Targhist).

 

 

v                     L'énergie hydoélectrique

 

La puissance installée (Oued Laou-Talembote : 14 MW et Taurart : 2 MW)  reste faible  par rapport au potentiel. La production annuelle est de  55 GWH.

 

 

v                     La protection contre les inondations

 

Le barrage Abdelkrim El Khattabi assure La protection contre les inondations de la basse vallée de l'oued  Nekor.



18/10/2007
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