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Texte intégral du message de SM le Roi Mohammed VI au XI-ème sommet de la francophonie

Texte intégral du message de SM le Roi Mohammed VI au XI-ème sommet de la francophonie
 
Bucarest le : 28/09/2006
 

SM le roi Mohammed VI a adressé un message au XI-ème sommet des chefs d'état et de gouvernement de la francophonie, dont les travaux se sont ouverts jeudi à bucarest. Voici le texte intégral de ce message, dont lecture a été donnée par le Ministre Des Affaires Etrangères Et De La Coopération, M. Mohamed Benaïssa, lors de la séance d'ouverture solennelle de cette rencontre internationale : " Louanges à dieu, que la prière et la paix soient sur le prophète, sa famille et ses compagnons. Monsieur le président de la roumanie. Mesdames et messieurs les chefs d'état et de gouvernement. Monsieur le secrétaire général de l'organisation internationale de la francophonie. Honorables délégués. Excellences. Mesdames et messieurs. Il nous est agréable de présenter nos sincères remerciements et vives félicitations à son excellence monsieur traian basescu, président de la république de Roumanie, ainsi qu'aux autorités et au peuple roumains pour les considérables efforts consentis à l'occasion de la tenue du XIème sommet de la francophonie. Le choix porté sur Bucarest est venu consacrer l'enracinement en Roumanie, depuis plus de deux siècles, de notre langue de partage. C'est aussi un hommage à d'éminents esprits francophones tels panait istrati, cioran ou le célèbre ionesco. Nous voudrions également rendre un hommage appuyé aux efforts déployés par notre frère le président du Burkina Faso, son excellence monsieur blaise compaoré, pour le suivi et la concrétisation des décisions historiques prises lors du sommet de ouagadougou. Cette occasion nous permet également de saluer l'engagement résolu et l'action dynamique de son excellence le secrétaire général de l'organisation internationale de la francophonie, monsieur le président abdou diouf, dont l'expérience, la sagesse et la vision ont permis à notre organisation d'opérer une mutation à la hauteur des défis du xxième siècle. Deux ans après Ouagadougou, la famille francophone se retrouve donc à Bucarest pour un rendez-vous décisif en vue de nouer des liens plus étroits au sein de la francophonie internationale. Notre rencontre d'aujourd'hui est placée sous le signe de deux évènements de grande importance, en l'occurrence le vingtième anniversaire du 1er sommet de la francophonie tenu à Versailles, en 1986, et le centenaire de la naissance d'un des illustres pères fondateurs de la francophonie, feu le président léopold sédar senghor, homme de culture et grand chef d'état dont le Maroc, à l'instar des autres états membres de notre famille francophone, a tenu à honorer la mémoire cette année. La francophonie est appelée à jouer un rôle plus actif et plus fédérateur pour construire un espace viable, fécond et prometteur, et à défendre une vision humaniste de notre monde. Le chantier que nous ouvrons, ensemble aujourd'hui, n'a en effet d'égal que nos aspirations légitimes à faire de notre espace francophone une zone de coopération et de développement durable et partagé. L'appropriation des facteurs de la modernité et donc du développement durable et l'ancrage des valeurs de la démocratie, est un processus long, ardu et porteur de fortes contraintes. Le rôle de l'organisation internationale de la francophonie n'en sera, à cet égard, que plus exaltant. Une nation démocratique n'existe qu'en tant que nation de citoyenneté, tant celle-ci est le pilier fondamental de la démocratie. Aussi, l'apport de la francophonie devrait-il consister à promouvoir les principes et valeurs de démocratie et de dialogue des cultures, essentiellement à travers l'éducation qui est la base de tout développement et qui, du reste, constitue un droit fondamental. L'éducation induit, en outre, la notion de diversité linguistique et culturelle qui implique le respect des identités. Elle inclut également cette notion essentielle de reconnaissance de l'autre, qui est au coeur même de la démocratie et de la paix. Monsieur le président. Excellences, mesdames et messieurs. La mondialisation est désormais l'objet d'un débat permanent. Elle engendre une grande effervescence intellectuelle et attise, parfois, peurs et rejets. Elle induit un véritable défi : celui de faire en sorte qu'elle ne débouche ni sur l'exclusion, ni sur la résignation devant les inégalités criardes. Aussi, devons-nous veiller à ce que la globalisation de l'économie ne soit pas une source de marginalisation pour les plus démunis. La mondialisation devrait être à visage humain et partant, contribuer à réduire les disparités sociales et économiques et à prévenir l'aggravation de la " fracture numérique ". Le rôle essentiel d'une francophonie dynamique et volontariste consiste à défendre la diversité et à mettre en place les coopérations nécessaires pour permettre à ses membres les moins développés de rattraper leur retard en matière d'éducation, de formation et d'accès aux nouvelles technologies. Thème central de notre sommet, les nouvelles technologies de l'information et de la communication (ntic) dont le développement traduit une vision stratégique judicieuse face au processus irréversible de la mondialisation, constituent un important potentiel d'innovation pédagogique et un réservoir quasi infini de nouvelles donnes capables d'assurer le meilleur essor à nos systèmes éducatifs et de permettre de relever les nouveaux défis qui se posent en ce début du troisième millénaire. Toutefois, si la société de l'information repose sur les ntic, la société du savoir reste, quant à elle, le fruit de la connaissance que sous-tend l'éducation. Car, sans éducation, l'information demeure une donnée certes utile, mais sans grande portée. Conscient de cette réalité, le royaume du Maroc s'est engagé dans une réforme profonde de son système éducatif. Celle-ci prévoit notamment la promotion des technologies de l'information et de la communication, (multimédia et l'Internet entres autres), et leur extension à l'ensemble des établissements scolaires. Cette stratégie globale appelée " e-maroc ", vise deux objectifs névralgiques, en l'occurrence la réduction de la " fracture numérique " et le positionnement du Maroc à l'échelle internationale en matière de ntic. Cet effort continu qui vise à faire de l'école un vecteur incontournable du développement durable, s'est également traduit par l'élaboration du programme national " génie ", destiné à assurer l'accès des nouvelles technologies de l'information à plus de 6 millions d'élèves et à combattre ainsi la " fracture numérique " et partant, la fracture alphabétique qui constitue un véritable fléau social. Parallèlement, le Maroc a proclamé la période 2000-2010, décennie de l'éducation-formation, mettant en chantier un véritable projet sociétal axé sur des priorités telles: l'alphabétisation, l'amélioration de la qualité de l'enseignement, la bonne gouvernance du système éducatif et de la formation professionnelle. Cet engagement résolu du Maroc à poursuivre la réforme de l'éducation et à proposer des solutions efficientes aux difficultés actuelles et potentielles, a trouvé sa principale illustration dans la mise en place du conseil supérieur de l'enseignement, créé le 14 septembre 2006, ainsi que dans le lancement, en septembre 2005, du programme national de la généralisation des technologies de l'information et de la communication dans l'enseignement. Le prix d'alphabétisation Confucius de l'UNESCO et le grand prix humanitaire de France 2006, décernés au ministère de l'éducation nationale du Maroc ont, dans ce contexte, récompensé la qualité des programmes mis en oeuvre et les avancées enregistrées par notre pays dans ce secteur stratégique. Il sied de préciser que les réformes précitées s'inscrivent désormais dans un catalogue de réformes plus vaste encore, lancé par le Maroc en mai 2005, sous le nom d'initiative nationale pour le développement humain (INDH). Il s'agit là d'une véritable entreprise de restructuration qui met l'homme au coeur du développement, en mettant l'accent sur le combat contre l'analphabétisme, la pauvreté et l'exclusion. Monsieur le président. Excellences, mesdames et messieurs. Notre pays attache un intérêt particulier aux décisions qui seront prises par notre sommet et qui, conjuguées aux engagements pris à Ouagadougou en novembre 2004, constitueront un véritable plan d'action axé, d'une part, sur le renforcement et la consolidation des échanges entre les pays membres de notre organisation et d'autre part, sur la promotion d'une nouvelle culture s'articulant autour de la promotion de la paix, de la stabilité et du dialogue des civilisations. A cet égard, le Maroc se félicite des engagements pris par la conférence de saint boniface sur la prévention des conflits et la sécurité humaine. Ses recommandations devraient, en effet, offrir une plus grande visibilité à l'action de la francophonie en la matière et assurer sa pleine contribution aux grands débats qui nous mobilisent tous. Nous voudrions souligner que notre communauté d'esprit, la confiance réciproque et les devoirs de solidarité ont, depuis toujours, conduit le Maroc à dépêcher des contingents dans des pays francophones, notamment en république démocratique du Congo, en côte d'ivoire, en Haïti ou encore en Bosnie-Herzégovine et au kosovo. De tels engagements font du Maroc le deuxième contributeur francophone et le douzième sur la liste des pays pourvoyeurs de troupes de l'ONU. Par ailleurs, le royaume du Maroc salue également le dynamisme et l'engagement de la famille francophone pour faire aboutir la mise en oeuvre de la convention sur la protection et la promotion de la diversité des expressions culturelles. Nous accordons une importance toute particulière à ce processus qui fera de la convention adoptée, en octobre 2005, par l'UNESCO, un catalyseur favorisant l'ouverture, le dialogue et la compréhension entre les peuples. Aussi, notre rencontre d'aujourd'hui est-elle l'occasion idoine pour approfondir notre réflexion et exprimer notre volonté commune de faire de notre espace francophone une zone de coopération et de prospérité partagée. Monsieur le président. Excellences. Mesdames et messieurs. Face à la multiplicité des enjeux, il nous appartient de tout mettre en oeuvre pour tirer le meilleur avantage des considérables avancées réalisées afin de donner une nouvelle impulsion à la francophonie et de capitaliser les potentialités que recèlent nos pays et les atouts dont ils disposent, en faveur d'une politique francophone cohérente, agissante et résolument tournée vers l'avenir. La déclaration et le programme de travail que nous allons adopter ici, contribueront assurément à atteindre ces objectifs. Nous avons la conviction que les recommandations qui les accompagnent constitueront une " feuille de route " qui nous permettra d'engager, ensemble, des actions concrètes à même de renforcer notre espace francophone et le positionnement de l'oif dans le concert des organisations internationales. Wassalamou alaïkoum warahmatou allahi taala wa barakatouh. Je vous remercie de votre attention".



07/10/2007
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