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TAROUDANT A L’époque contemporaine :

TAROUDANT A L’époque contemporaine :

 

·        Sous les Saadiens :

En prêtant allégeance aux Saadiens, Taroudant entama son âge d’or. Ce fut en 920 de l’hégire (1515). Elle devint leur première capitale l’émir Mohamed cheikh Saadi procéda à la fortification de la ville et la dota de bâtiments luxueux et on lui attribua la ville. D’ailleurs on l’appela Mohammedia.

On parla beaucoup de cette ville dans les textes des historiens de l’époque, ce qui témoigne de son importance aux yeux des Saadiens et du rôle qu’elle joua pendant cette période historique.

Elle occupa un rôle prépondérant parmi les autres villes Marocaines. Elle fut la première capitale des Saadiens et joua un rôle militaire important. Fortifiée, elle servait à assembler les forces Sadiennes et toutes les potentialités des tribus de leur bord, en vue de lutter contre l’occupation du littoral marocain par les portugais.

Sur le plan économique, elle connut un essor sans précédent. Elle devint le point de transit du commerce caravanier et reçut des commerçants musulmans et européens, surtout des anglais. Ses produits connurent le succès : ustensiles en cuivre, tissus en laine, articles de cuir et surtout sa production de sucre appréciée par le palais anglais. Le développement du commerce engendra le succès de l’artisanat local et de l’industrie du sucre basée dans les environs de la ville de Taroudant surtout à Ouled Massoud et à Tazmourt. Un historien souligne en se fondant sur le rapport d’un espion anglais daté du 25 octobre 1596, que l’industrie du sucre rapportait au Sultan Al Mansour plus de 800.000 mitkal par ans.

Parallèlement au développement économique, la ville de Taroudant connut une expansion de l’urbanisme qui la fit doter de bâtiments prestigieux à tel point qu’elle dépassa Fès et Marrakech.

Le développement de la culture et des sciences fut aussi un atout de la ville et jamâa EL Kébir (la grande mosquée ) fut l’une des plus grandes universités de l’époque où les plus grands érudits du XVIe siècle dispensèrent leurs sciences. Citons parmi eux Saïd Ibn Ali AL Houzali, Abderhman Ibn Amrou AL Baakili, Aïssa Ibn Abderhman Souktani…

Ainsi au XVIe siècle, la ville de Taroudant connut la gloire et atteignit son apogée. Mais au siècle suivant, elle fut frappée par une épidémie de poste qui décima ses habitants. Le Sultan Ahmed AL Mansour, lui même, en périt en 1012 de l’Hégire 1603. La plupart des survivants fuirent et la ville fut abandonnée. Ce fut le début du déclin  pour la dynastie des Saadiens. Les descendants d’Ahmed AL Mansour se disputèrent le trône et le Maroc se subdivisa en deux royaumes dont les capitales furent Fès et Marrakech. Au sein du royaume de Marrakech, Taroudant jouit d’une place de choix. Elle fut le refuge du Sultan Zaydan Ibn AL Mansour. Par la suite, elle connut une période d’indépendance.

 

·       Taroudant et l’éclatement du royaume :

Taroudant demeura fidèle au Sultan Saâdien Zaydan. Il s’y réfugia après sa défaite contre les turcs d’Algérie en 1604. Il y revint pour rassembler ses forces et se réorganiser en 1607 après sa défaite contre les forces de son neveu Abdallah Ibn Al Mamoun à Marrakech. Il y retourna encore en 1613 quand il fut chassé de Marrakech par le rebelle Ibn Abou  Mahali. Il trouva refuge à Taroudant pour mettre ses femmes et sa fortune en sécurité. Ce fut grâce aux habitants de Taroudant et aux tribus environnantes mobilisés derrière le cheïkh Abou Zakaria Yahya AL Hahi que cette rébellion fut matée et le Sultan remit sur son trône. Mais un désaccord entre le cheikh et le Sultan amena le cheikh à se rebeller à son tour et à se proclamer Emir de la ville de Taroudant et de ses environs. Ainsi l’émirat des Hahis vit le jour en 1613 et dura jusqu’à 1629. Son fondateur Yahia Ibn Abdallah essaya jusqu’à sa mort en 1626 d’élargir sa zone d’influence au dépend du Sultan Zydane de Marrakech et de Abou    hassoune Semlali de la région d’Iligh.

 

Durant son époque, l’émirat de Taroudant connut une stabilité et une floraison intellectuelle vu que Yahia était un érudit en religion et un soufi notoire qui avait pour principe de favoriser le bien au dépend du mal selon les préceptes de la charia.

Son rivale l’émir d’Iligh, Abou Hassoun Semlali attendait l’occasion propice pour étendre son influence sur Taroudant. Mais il dut attendre la mort de Yahia et ne réussit à soumettre la ville qu’en 1629. Il fut tyrannique et les roudanis souffrirent des pratiques de ses Walis.

 En 1670, Moulay Rachid mit fin à leur pouvoir en détruisant Iligh leur capitale. Ainsi, Taroudant passa sous l’influence de la dynastie des Alaouites.

 

 

 

·        Taroudant sous les Alaouites :

Elle fut le lieu de résidence du khalifa du Sultan qui appartenait à la famille des Alaouites. Mais, comme la ville avait de grandes ressources économiques et qu’elle jouissait d’une situation stratégique entre le grand Atlas et l’anti-Atlas, le Wali était parfois tenté de proclamer son indépendance vis-à-vis du pouvoir central.

En 1685, le Sultan Moulay Ismael assiégea la ville pour combattre son frère Moulay AL Harane et son neveu Moulay Ahmed qui s’étaient installés à Taroudant en accaparant la riche région du Souss. Il mit fin à cette rébellion en 1687.

Moulay Mohamed Al Alim fut nommé Wali par son père le Sultan Moulay Ismaël. La ville retrouva sa stabilité et son activité intellectuelle et littéraire reprit de plus belle. Mais en 1702, il se rebella contre son père qui envoya son autre fils Moulay Zidane reprendre la ville. Après trois ans de siège et de combats, les rebelles capitulèrent.

Moulay Abdelamlek fut nommé Wali en 1721. Il y demeura jusqu’au décès de son père et fut proclamé Sultan du Maroc après l’éviction de son frère Ahmed Addahabi par l’armée des Boukharis.

Après une période de troubles qui suivit la mort de Moulay Ismaël, Moulay Mohamed Ibn Abdallah conquit le Souss et prit Taroudant comme base militaire. Il y a nomma ses proches parmi lesquels son fils Moulay Abdessalam en 1785.

Ainsi, Taroudant fut le long de cette période, la résidence des pachats, des caïds qui représentaient le pouvoir central à Sous. Et pourtant, elle avait beaucoup perdu de ses rôles et de son charme à cause des guerres et des conflits surtout pendant le 17ème et le 18ème siècle ce qui entraîna la destruction des bases de son opulence économique et précisément l’industrie des sucreries.

Dés lors, la fortune de Taroudant ne se bâtissait que sur l’agriculture concentrée sur l’olivier qui représentait la source des richesses pour les Roudanais sans oublier ses artisans qui firent preuve de leur talent et de leur habileté soit dans l’industrie textile, la tannerie ou l’industrie du cuir malgré la concurrence des produits Européens.

Elmokhtar Soussi décerna dans son encyclopédie « khilala Jazoula » la liste des Caïds qui gouvernaient Taroudant avant le Protectorat. Parmi eux, on peut citer : Elcaïd Mohamed Yahya Aghnaj qui restait à Taroudant jusqu’à 1821, puis Elcaïd Hoummad Boumehdi Alhouari dont le pouvoir se propageait de Taroudant et d’Agadir jusqu’à Souktana et Oued Noun.

 

Taroudant reconnut, après, la présence de plusieurs Caïds dont les plus célèbres étaient : le Pacha Mohamed Ben Bouchta Iben Elbaghdadi qui fut, plus tard, célèbre à Fès, le célèbre Pâcha Hammou qui y était décédé en 1900, le Pâcha Elkabba qui se révolta sur l’autorité de Hida Muess. Ce dernier gouverna de nouveau après la défaite d’Ahmed El hiba devant l’armée Française. Taroudant vécut des moments très difficiles sous l’autorité des officiers des affaires indigènes qui représentaient le protectorat.

Devant la prise de conscience nationaliste, des Jeunes Roudanais rejoignaient le parti de « l’istiklal » (le parti de l’indépendance). Le mouvement national connut, pendant les années cinquante, un tournant et opta pour la résistance armée. Parmi les leaders de cette résistance on peut citer : Moulay H’fid  Elouatir, Si Mohamed ben Ibrahim Bourhan- Eddine, Elhaj Hassan Loudaïi, Moulay Rachid Semlali, Elhaj Mahfoud Sidki, ...

Après l’indépendance, ils avaient une participation très active à la vie politique et ils présentèrent beaucoup de sacrifices qui contribuaient au grand changement  démocratique que connaît le Maroc contemporain



21/01/2008
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