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Bassins Hydrauliques du Tiznit - Ifni

PRESENTATION

Le bassin de Tiznit-Ifni est composée des bassins versants de l'oued Adoudou, de l'oued Ifni et d'autres petits oueds côtiers limitrophes. D'une superficie totale de 2.800 km², il est subdivisée en deux unités  :

Le bassin de la plaine de Tiznit qui s'étend sur une superficie de 1200 km². Cette unité se compose du système hydrographique de l'oued Adoudou (820 km²) et d'un bassin complémentaire à l'Est dont les eaux s'épandent dans les maïders au Nord de Tiznit (380 km²). Dans la plaine de Tiznit l'épandage des crues se fait par inondation naturelle dans la partie basse de pente inférieure à 1 %.

Le relief de la zone côtière d'Ifni , d'une superficie totale de 1.600 km², qui s'étend entre les embouchures des oueds Adoudou et Assaka. Elle est très accidentée et marque la limite occidentale de l'Anti-Atlas. L'oued Ifni draine un bassin montagneux de 685 km² constitué en majorité d'un socle granitique. Des petits oueds côtiers drainant une superficie de 915 km² au Nord et au Sud de ce bassin.

Sur le plan administratif, cette unité correspond à la partie Nord-Ouest de la province de Tiznit, la partie Nord-Est faisant partie du bassin du Massa alors que la frange Sud fait partie des bassins de Guelmim et du Bas-Drâa.

Selon le recensement de 1994, la population totale dans l'unité Tiznit-Ifni s'élève à 173.462 habitants dont 43.001 à Tiznit, 19.722 à Ifni et 107.410 ruraux (soit 62%). Cette population serait de 244.000 habitants en l'an 2020 (dont 53% en milieu rural).

Le bassin se caractérise par un climat aride qui bénéficie dans sa zone côtière de l'influence océanique. Par contre sur les reliefs, les températures peuvent descendre en dessous de 0°C en hiver et dépasser 40°C en été.

La pluviométrie dans ce bassin est marquée par son irrégularité ; il pleut, en moyenne, 25 jours par an. La pluviométrie, d'une moyenne de 170 mm , varie entre 50 et 350 mm . 

L'évaporation est de 1500 mm/an sur la côte et de 2200 mm/an sur les reliefs.

Les principales activités économiques dans cette zone sont l'agriculture, l'élevage et le commerce. Dans la plaine de Tiznit, l'agriculture est pratiquée dans des petits périmètres irrigués soit par les eaux de sources ( 900 ha environ) soit par épandage des eaux de crue ( 3650 ha environ).

En matière d'infrastructure économique, cette unité est dotée d'un port dans la ville d'Ifni. C'est un port de pêche et de cabotage dont la capacité est de 100.000 tonnes/an.

RESSOURCES EN EAU

Les eaux de surface

Au niveau du bassin de Tiznit, l'apport annuel moyen total des crues s'élève alors à 10,6 Mm3 répartis comme suit :

  • 8,7 Mm3/an  provenant de l'oued Adouddou, lequel présente une forte irrégularité (15,3 Mm3 en année humide et  0,9 Mm3 en année sèche) ;
  • 1,3 Mm3  provenant du sous-bassin  N'baye(120 km²) ;
  • 0,6 Mm3  provenant du sous-bassin Içoh (83 km²).

Dans le bassin d'Ifni, l'écoulement l'oued Ifni présente une forte irrégularité. D'une moyenne de 6,15 Mm3, le volume des apports annuels varie entre un minimum de  0,11 Mm3 en (1986-87) et un maximum de 19,6 Mm3 (1984-1985) . 

Les eaux souterraines

Le bassin d'Ifni se compose en majorité d'un socle granitique dont les faibles ressources en eau souterraine se concentrent dans la zone d'altération et dans les fractures. De productivité ne dépassant guère  0,5 l/s, ces ressources en eau sont très localisées et dont la prospection nécessite des études poussées basées sur des techniques nouvelles telles que la télédétection et la géophysique.

La plaine de Tiznit renferme deux types d'aquifères peu profonds exploités :

  • • Une nappe généralisée dans des formations gréso-schisteuses situées sous les dépôts plio-quternaires;
  • • Une nappe discontinue se concentre dans les chenaux karstiques qui se sont développés dans les calcaires lacustres du plioquaternaire.

La recharge moyenne annuelle de ces aquifères provient des reliefs entourant la plaine de Tiznit soit par infiltration directe des eaux de pluie et de crue estimée à 8 Mm3, soit par cheminement souterrain à travers des formations sous-jacentes particulièrement perméables estimé à 5,7 Mm3.

Les aquifères profonds d'âge géorgien qui se trouvent sous les schistes seraient discontinus et à grande profondeur. Cette ressource incertaine et difficilement accessible risque aussi d'avoir une qualité médiocre du point de vue de la salinité et de la température. 

QUALITE DES RESSOURCES EN EAU   

Etant donné que ces bassins ne contiennent pas d'écoulements pérennes, il n'y a pas de point de contrôle de la qualité des eaux de surface.

Les eaux souterraines des nappes de la plaine de Tiznit et celle de Sidi Ifni présentent une bonne qualité physico-chimique. Néanmoins, l'évaluation globale de la qualité des eaux souterraines à partir des résultats de la compagne d'analyse réalisée en 2002 a montré que ces eaux présentent une mauvaise qualité au niveau de l'agglomération de Tiznit.

MOBILISATION ET UTILISATION
DES RESSOURCES EN EAU

L'effort de mobilisation

v Les eaux de surface

Dans le domaine agricole, l'épandage des crues constitue un mode privilégié pour la mobilisation des eaux. Ainsi, les eaux de crues des oueds et chaabas qui sillonnent la plaine de Tiznit sont épandues sur les terrains "Feid" soit naturellement soit au moyen de petits barrages de dérivation de crues. Les périmètres d'épandage de crues totalisant une superficie de 3650 ha environ où on pratique des cultures céréalières et de l'olivier.

Ces périmètres sont irrigués par des ouvrages de dérivation traditionnels et quelques petits barrages vétustes (Id Taleb Yahia, Id Hmalla, Sidi Daoud, Dhar Amzaourou, Zidania totalement détruit). Les périmètres Amzaourou et Amensague situés dans la partie basse d'Adoudou sont irrigués par épandage naturel.

Actuellement, l'épandage de crues de l'oued Adoudou contribue à l'alimentation de la nappe par une infiltration estimée à 20% qui apporte près de 0,5 Mm3/an.

Dans les bassins N'baye et Içoh, les dérivations actuelles sont estimées respectivement à 0,4 Mm3/an et 0,2 Mm3/an.

Le volume total des eaux de crues dérivées actuellement dans le bassin de Tiznit est de l'ordre de 3,2 Mm3/an.

v  Les eaux souterraines

Les ressources en eau souterraine de la plaine de Tiznit sont exploitées dans des petits périmètres irrigués traditionnels et captées au niveau de sources ou par khettaras. La superficie totale de ces périmètres ne dépasse pas 900 ha . Le système de mise en valeur agricole qui y est pratiqué est basé sur le maïs, la luzerne et l'olivier. Les réseaux de distribution de l'eau d'irrigation dans ces périmètres sont constitués de séguias généralement en terre.

v Les transferts d'eau

Les ressources en eau de l'unité Tiznit –Ifni sont très limitées. Afin de garantir l'alimentation en eau potable de la zone, notamment les villes de Tiznit et Ifni, il y a eu recours à des ressources en eau extérieures à ces bassins.

Ainsi, une adduction régionale à partir du barrage Youssef Ben Tachfine sur l'oued Massa ayant une longueur totale de 110 km a été réalisée en 1985 pour alimenter en eau potable 2 villes ainsi que les centres ruraux et douars avoisinant l'adduction. Cette dernière est dimensionnée pour 145 l/s dont 75 l/s pour la ville de Tiznit, 50 l/s pour la ville d'Ifni et 20 l/s pour les douars limitrophes. Cette conduite à été renforcée par un débit supplémentaire de 145 l/s. La dotation totale à partir du barrage Youssef Ben Tachfine est de 5 Mm3/an.

Les ressources en eau souterraine locales qui alimentaient les 2 villes avant la réalisation de l'adduction continuent à être utilisées à cette fin (12 l/s pour Tiznit sur la source Reggada et 21 l/s pour Ifni à partir de puits dans la nappe alluviale de l'oued Ifni).

L'utilisation de l'eau

Actuellement, les ressources en eau mobilisées pour l'irrigation sont de 14,5 Mm3/an, dont 11,3 Mm3 pérennes (sources, khettaras et pompages) et 3,2 Mm3 par dérivation traditionnelle des eaux de crues.

En ce qui concerne l'eau potable, les ressources en eau mobilisées à cette fin sont de l'ordre de 2,6 Mm3 dont 2,5 Mm3 d'eau de surface transférée à partir du barrage Y.B. Tachfine et 0,1 Mm3 d'eau souterraine (Ain Regada).

Concernant l'alimentation en eau potable de la population rurale, l'unité de Tiznit-Ifni a bénéficié de plusieurs projets dans le cadre du PAGER. Ainsi, le taux d'accès à l'eau est passé de 14% avant 1995 pour atteindre 52% en 2002.



18/10/2007
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