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Les Quatre Ecoles Juridiques (madhahib)

Les Quatre Ecoles Juridiques (madhahib)

Les Fouqahas (les docteurs de droit musulman) définissent Le madhab comme étant la tendance juridique adoptée pour l’interprétation des lois charaïques et la méthode que suit le moujtahid dans la déduction et l’argumentation. Le madhab comprend aussi les branches (furu’) qui s’ajoutent à une école donnée.

Les fondements des écoles juridiques se différentient selon les méthodes adoptées par leurs fondateurs dans l’ijtihad (le fruit de l’effort de réflexion du moujtahid) et dans la déduction des lois ou des prescriptions à partir du Coran et de la Sunna.

La vie politique et intellectuelle en pleine effervescence à partir du II ème siècle de l’hégire a engendré une multitude de questions auxquelles les foukahas devaient trouver des réponses et des prescriptions. Pour combler ce « vide juridique », une cinquantaine d’écoles juridiques ont vu le jour entre le II et le III siècles dont la majorité a disparue. Aujourd’hui, seules quatre écoles dites sunnites sont suivies, auxquelles s’ajoutent des courants salafis qui ne penchent pas vers l’adoption d’une école juridique déterminée.

Les écoles juridiques ont connu trois étapes distinctes :

• l’étape de la construction qui a duré presque trois siècles (jusqu’à la chute de Bagdad en 656). durant cette période, les écoles se sont structurées et les moudawannas, des recueils qui regroupent les points de discorde entre les différentes écoles ont été composées.
• L’étape du taqlid (imitation d’une «école juridique) à partir du VIII siècle de l’hégire: durant cette période, l’activité juridique s’est limitée à reproduire, expliquer, organiser et abréger le patrimoine juridique. Les recherches se sont intéressées aux questions terminologiques et hypothétiques. Le fiqh s’est ainsi éloigné de la réalité des gens.
• L’étape du renouveau à partir du XIX siècle: les études juridiques se sont caractérisées par l’innovation et par l’accompagnement des problèmes de l’époque engendrées par l’évolution des sciences humaines et le contact entre les civilisations.

Les quatre écoles juridiques sunnites :

Le terme « sunna » en arabe désigne les paroles et les actes du prophète Mohammad (P.S).
Les écoles juridiques sunnites sont apparues sous le règne des Abbasides. Elles ont pris les noms des imams qui les ont fondés à savoir : Abou Hanifa, Malek Ibn Anass, Ashafii et Ibn Hanbal. Elles adoptent, toutes, quatre fondements essentielles : le Coran, la Sunna, le consensus (ijma’) et le raisonnement par analogie (qiyas) en plus d’autres fondements qui différent d’une école à l’autre.

1 - L’école Hanafite : fondée par Abou Hanifa Annu’man (80-150 AH), cette école est apparue en Irak, à Koufa et s’est répandue à Bagdad. Elle a adopté les méthodes de son fondateur et celles des choyoukh (maîtres) de l’école comme Abou Youssef et Abou El Hassan. Ses fondements comprennent, en plus des quatre sus mentionnés, l’istihsan, al ‘urf (la coutume) et qawl assahabi (le dire du compagnon du Prophète). L’école est caractérisée aussi par l’adoption des fondements basés sur la raison et par les critères rigoureux qu’elle a établis pour accepter ou réfuter un hadith. Cette école est répandue de nos jours en Afghanistan, en Inde et en Chine.

2 – l’école Malékite : elle a été fondée par Malek Ibn Anass (93-179 A.H). Apparue à Médine, cette école met l’accent sur l’avis des compagnons du prophète et sur la pratique des médinois (‘amal ahl al madina), ces derniers étant les descendants des compagnons du prophète. Elle donne aussi une place importante aux us et aux coutumes de la société s’ils ne contredisent pas le droit musulman ainsi qu’à l’établissement des normes juridiques à partir de l'intérêt général de la société, appelé al masalih al mursala.
Les ouvrages de référence de cette école sont, entre autres, le Muwatta’ de l’imam Malek et la Modawanna, un recueil des avis juridiques de Malek qu’a compilé Sahnoun Ibn Saïd Attanoukhi. Cette école s’est répandue en Andalousie, en Egypte, en Iraq, à Khurassan et en Afrique du nord.

3 – l’école Chaféite : elle a été fondée par Mohammed Ben Idriss Achaféi (150-204 A.H) qui a vécu à la Mecque, puis en Iraq avant de s’installer en Egypte. Il a apprit le fiqh selon l’école malékite puis plus tard selon l’école Hanafite. Son école s’est positionnée entre l’école hanafite qui prime l’opinion personnelle (arra’i), et l’école malékite qui se base essentiellement sur la sunna. Pour les chaféites, la sunna est valorisée comme source de droit et une grande importance est donnée au consensus de toute la communauté. Cette école s’est répandue en Egypte, en Arabie, au Koweït, au Yémen, et dans certains pays de l’Asie comme l’Indonésie, la Malaisie et le Thaïlande.

4 – l’école Hanbalite : elle a été fondée par Ahmad Ibn Hanbal (164-241 A.H) considéré par un grand nombre d’ouléma comme un traditionaliste (rajul al hadith) plutôt qu’un juriste. Ibn Hanbal a désapprouvé son maître Achaféi d’avoir adopté l’opinion personnelle. Il a primé le hadith du prophète auquel il a dévoué un recueil appelé « al musnad » et qui comprend plus de 40.000 hadiths. Cette école est adopté l’interprétation apparente (dhahir) du Coran et de la sunna et rejette le raisonnement par analogie.

Les écoles juridiques se différentient, certes, dans l’interprétation et la déduction des lois et des prescriptions juridiques et leur application. Toutefois, cette différence illustre une sagesse parfaite et la clémence de Dieu envers ses serviteurs. La marge de manœuvre dans la déduction des lois est très large. La communauté musulmane se trouve devant une multitude de lois et de méthodes qui lui permettent de faire face aux nouvelles situations et aux problèmes juridiques imposés par la vie moderne et par l’évolution des sciences et des sociétés.



01/10/2007
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