MAROC VOYAGES TOURISME

Histoire

La période antique

 

Pendant cette période, le site d’Essaouira fût mentionné dans les récits des historiens, géographes et voyageurs. Les archéologues se sont efforcés de faire correspondre les renominations mentionnées dans les textes antiques au site d’Essaouira. Parmi ces dénominations : Thamusiga, citée par Ptolémée au II ème siècle av.J.C, l’ile de Cerné, consignée par Hanon au VI ème Siècle avant J.C dans son périple, les îles purpuraires citées par Pline l’Ancien au premier siècle avant J.C. Les fouilles archéologiques effectuées sur l’île d’Essaouira ont confirmé la fréquentation de ce site par les marins phéniciens puis par les Mauritaniens. En effet, les recherches qui ont été menées durant les années 50 ont permis la mise à jour de témoignages matériels du passage des phéniciens (poteries, papures, ustensiles en verre..) sur l’île aux VI ème et VII ème siècles.

Vers le début de notre ére, les marins de Juba II (25 av.J.C. 23 apr. J.C). Roi de Maurétanie Tingitane se sont installés sur l’île et y ont établi leurs quartiers et leurs fabriques d’extraction de pourpre, d’où le nom d’îles purpuraires. Citée par les historiens gréco-romains, cette teinture, lorsqu’elle était appliquée, donnait au tissu une couleur rouge vive avec des reflets variant du bordeaux au violet qui coloraient la toge des sénateurs romains. La pourpre provenant de cette région d’Afrique du Nord était donc une denrée de luxe recherchée et appréciée par l’aristocratie romaine.

L’époque médiévale

Après avoir été découverte, visitée et habitée pendant la période antique, l’île d’Essaouira et sa région retombèrent dans l’oubli pendant des siècles. Toutefois, la région qui l’entoure a connu au cours de l’époque médiévale une activité que les chroniqueurs contemporains n’ont pas manqué de consigner (El Hassan ben Mohamed El ouezzne alias Léon l’Africain (1483-1554), El Bakri…) comme cité fortifiée et lieu d’hivernage pour les navigateurs sur la rivière d’Amkdour. Ce n’est qu’à partir du XVI ème siècle que les Européens s’y intéressèrent sérieusement. La baie représente en effet un mouillage sûr. Cette position stratégique va attirrer les Portugais, les Français et les Espagnols, qui étaient tous préoccupés par le contrôle des côtes nord africaines. Ainsi en 1506, le Roi portugais Manuel le Grand (1495-1521) ordonna la fondation d’une place forte sur le site de Mogador : la Castéllo réal (château royal) qui était probablement construit sur l’emplacement actuel du port et de sa skala. Toutefois, les Portugais ne s’y étaient jamais établis d’une façon permanente à cause de la forte résistance des populations locales. En 1626, le cardinal français Richelieu y envoie le Chevalier Isaac de Rasilly (1587-1635) ; qui y organisa une expédition pour occuper l’île de Mogador. Constatant que le rocher était indéfendable et ne pouvant, en conséquence, être utilisé comme point d’appui sûr pour les expéditions futures vers la côte atlantique nord du Maroc, le Chevalier de Rasilly rembarqua ses hommes et renonça à la conquête de l’île.

La fondation du port et de la médina

Si la région fut habitée depuis l’aube de l’histoire l’actuelle, la cité n’a vu le jour qu’à partir de 1760 par la volonté du sultan Alaouite Sidi Mohamed Ben Abdallâh (1757-1790) qui voulait construire un port commercial sur l’Atlantique, tout près de sa capitale Marrakech, et d’en faire le chef-lieu de commerce marocain avec l’extérieur. Il voulait édifier à Mogador la plus jolie ville de son règne. Pour réaliser son entreprise, le souverain demanda à un architecte français originaire d’Avignon, Nicolas Théodore Cornut de lui dessiner les plans d’une ville cornue. A l’époque de la fondation, il résidait à Gibraltar. Il avait été au service du Roi de France Louis XV et fut l’auteur des plans des fortifications et des places fortes du Roussillon. Cornut aurait ainsi conçu les plans de la ville sur le modèle de Saint-Malo

 

Le bastion de Bab Marrakech

Edifice défensif le plus important du côté terre, il se présente sous forme d’une batterie cirulaire conçue pour une dizaine de canons répartis sur un angle de 270°, dominant ainsi la presque totalité des accès Est de la médina. D’un diamètre de 35m, il occupe une superficie d’environ 980 m². L’intérieur de la tour servait de poudrière et d’entrepôt de munitions. Sa structure solidement bâtie en moellons et pierre de taille, est composée d’un double mur extérieur relié a un noyau central (tour de 8m de diamètre) par une enfilade d’alcôve voûtées découpant ainsi l’espace en 11 compartiments identiques communicant tous par une galerie en coursives.
Par ailleurs, la médina renferme plusieurs mosquées, des synagogues et quelques églises. Parmi les plus importantes mosquées, celles de la Qasbah et de Ben Youssef sont les plus anciennes.

 

La mosquée de la Qasbah

Cet édifice, situé dans l’ancienne Qasbah, fût construit à l’époque même de la fondation de la ville. Il fût élevé avec son minaret carré, ses dépendances, une medersa, des logements et des chambres pour étudiants. Le plan de cette mosquée est très régulier, l’aire couverte par l’édifice forme un carré de 30m de côté, soit une superficie totale d’environ 900m². L’oratoire est composé de 5 nefs, dont deux au nord et au sud d’une cour à ciel ouvert, deux parallèles au mur de la Qibla et la dernière, parallèle au mur opposé. La cour intérieure est de forme cornée. Au milieu coule une fontaine pour les ablutions. Les plafonds et portes intérieures sont finement décorés.


La Mosquée Ben Youssef


Située dans la partie sud-est de la médina, la mosquée Ben Youssef est l’un des édifices les plus importants et les plus imposants de la cité. Une grande partie de sa façade s’appuie aux remparts qui bordent le Méchouar. Le plan de l’ensemble de cette mosquée est assez régulier. La surface couverte forme un trapèze. Sa surface totale est d’environ 2.000 m², l’oratoire est composé de trois nefs parallèles au mur de la qibla. Un patio rectangulaire d’environ 400m² donne un certain recul aux ablutions. Les portes et plafonds de la mosquée sont peints d’une façon très fine.

L’église portugaise

Construite vers la fin de XVII ème siècle par les premiers négociants européens installés dans la ville, l’église dite portugaise, est située au pied de la porte sud de la Skala de la médina. Nichée au fond d’une impasse en partie couverte, sa façade et son entrée principale sont étroitement imbriquées dans le tissu historique adjacent.
La porte d’entrée, richement décorée, en pierre de taille est encadrée par deux pilastres avec chapiteaux. Ce monument organisé autour d’une cour centrale est composé de trois niveaux :
-le rez-de-chaussée constitué d’une série de pièces, utilisées autrefois comme entrepôt, et de galeries soutenues par des colonnes en pierres taillées.
- le premier étage où se situe la salle des prières de l’église, est constitué d’une seule nef orientée est-ouest. Les quatre galeries de l’étage sont entourées de pièces utilisées autrefois comme logements.
- la terrasse est constituée de deux parties. L’une inférieure rectangulaire et l’autre supérieure cylindrique, surmontées d’une coupole qui abritait autrefois les cloches. Une toiture de tuiles à pentes courbées évoquant de façon évidente la morphologie des anciennes églises portugaises réalise la jonction entre la partie rectangulaire de la tour, le couronnement cylindrique et sa coupole.

 

La Synagogue de Simon Attias

La médina d’Essaouira abritait aussi un grand nombre de synagogues qui témoignaient du dynamisme de la population juive.
Parmi les plus importantes et les plus anciennes de ces synagogues, on trouve celle de Simon Attias située au cœur de l’ancienne Qasbah. Elle est construite à la fin du XIX ème siècle par un marchand de la ville dont elle porte encore le nom.
Ce monument de forme rectangulaire qui est actuellement inutilisé, s’étend sur une superficie de près de 500m², avec un patio central de 40m², est construit sur trois niveaux.
L’entrée principale est marquée par un grand portail en pierre taillée entourant une porte en bois massif. Le vestibule d’entrée donne directement sur le petit axe du patio et dessert à droite la salle de prière. A gauche, se trouvent les escaliers qui desservent les étages et la terrasse. La grande salle des prières est à deux niveaux, avec un espace réservé aux femmes situées au niveau d’une mezzanine aménagée sur les trois côtés de la salle de prière. Le patio central d’une trentaine de mètres est entouré d’une galerie sur laquelle s’ouvrent différents locaux. Les locaux de l’étage s’organisent autour d’une coursive protégée par une balustrade en bois tourné. Le 3ème niveau se compose de deux grandes salles. Le bâtiment accuse dans son ensemble une sobriété et une pureté des formes et des matériaux. Un soin particulier a été apporté à la décoration de la salle de prière ainsi qu’aux vestibules.

Les monuments décrits ci-dessus constituent un important témoignage de la coexistence à Essaouira de plusieurs confessions, coexistence qui a apporté dans le passé, une contribution importante au développement économique et culturel de la cité. Cette coexistence de plusieurs cultures se reflète dans l’architecture même des bâtiments qui associent des éléments de l’architecture marocaine et de l’architecture classique européenne. Hormis les fortifications et les édifices religieux, la médina d’Essaouira abrite un certain nombre de maisons de consuls d’une richesse architecturale et décorative importante, inspirée à la fois du style de construction européen et marocain (consulats danois, espagnol,…), demeures privées (Riads) attestant du goût raffiné de leurs constructeurs et dont la majorité conservent toujours leur aspect traditionnel originel. L’ancien siège du consulat de Danemark est parmi les édifices construits lors de la fondation de la ville d’Essaouira au XVIII ème siècle



11/09/2007
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